Solo Maître Coq : pour une première c’était du costaud !

Photo Julien Zajac

Lundi et Mardi : parcours côtiers

Une bonne entrée en matière dans des conditions idéales pour prendre des repères sur des lignes de départs, retrouver des réflexes de régates et se frotter au gratin de la course au large ! Ça change du 470 ces gros bateaux !! C’est assez impressionnant au départ de régater contre des skippers que jusque là je ne voyais qu’en poster ! Et puis finalement dans la compet, ils deviennent des adversaires comme les autres ! Il y a du match, les arrivées sont serrées, chaque détail compte et peut faire la différence, j’en ai sorti plein de nouvelles pistes de travail !

Photo Christophe Breschi

Jeudi à Samedi : la grande course !

Ma première en solo en Figaro Bénéteau 3 de plus de 6h, 350 miles à parcourir !

Le parcours : Un départ devant les Sables d’Olonne, on contourne l’île de Ré, Belle Île en passant le phare des Birvidaux, on descend au plateau de Rochebonne en face de La Rochelle, on passe dans la baie des Sables d’Olonne puis on effectue un aller retour à une bouée holographique au sud avant de revenir aux Sables pour l’arrivée.

Une expérience super complète et enrichissante, on a eu toutes les conditions, de 0 à 40 nœuds, beaucoup de manœuvres, de changements de voiles, je suis passée par toutes les émotions, du rire aux larmes !
Pour une première c’était vraiment du costaud ! Une vraie prise d’expérience en accéléré !

Un début de course dans des petits airs

Ça a démarré dans des petites conditions tactiques comme j’aime, où des petits décalages peuvent faire des grosses differences !
Jusqu’à l’approche du pont de l’île de Ré, à la tombée de la nuit le vent est complètement tombé et le courant s’est renversé, nous laissant sur place ! J’ai réussi m’en sortir pas trop mal en jouant le courant à la côte, j’étais dans le match 😎

Photo Christophe Breschi


La suite, un long bord sous spi, puis code zéro jusqu’à Belle île où il fallait aller vite pour essayer d’arriver avant la grosse bascule ! Dormir un peu, manger, bien s’habiller et se préparer pour affronter le passage du front 🌬️🌀

Le passage du front

C’est en approche de Belle île que les choses se sont compliquées !
Le front est passé comme prévu, mais un peu plus fort que prévu ! Des relevés de vent à plus de 50 noeuds !
Nous nous sommes tous fait surprendre et il y a eu du dégât… Plusieurs voiles déchirées sur les bateaux autours de moi… Sur mon bateau, c’est le génois qui a explosé ! J’ai affalé et essayé de le réparer comme je pouvais pour pouvoir continuer mais ça n’a pas tenu très longtemps et j’ai dû me résoudre à naviguer sans !

La suite a été plus compliquée, le vent est resté fort et la mer bien formée. Remonter au près sans génois s’est avéré plus compliqué et j’ai vu les concurrents s’éloigner petit à petit.
À ce moment là je ne faisais plus du tout la maline, je suis toute seule, je subi les conditions, je m’accroche pour mettre en sécurité mon génois mais je manque de me faire embarquer plusieurs fois par une vague plus grosse que les autres et surtout j’ai l’impression de faire du sur-place ! Moralement ce n’est pas facile.

Mais une Chacha n’abandonne pas ! Après les Birvidaux, on tourne à gauche et on part au portant, on peut très bien s’en sortir sans génois, tant pis si on est moins rapide, mais on ira jusqu’au bout.
J’envoie mon code zéro, il fait nuit, il y a encore 30 noeuds, des vagues énormes, l’environnement est hostile !

Un coup le bateau passe au dessus des vagues et prend des gros surfs, un coup en dessous et il y a de l’eau partout, c’est impressionnant ! Les sensations sont folles, on a intérêt d’être bien accroché !!

Presque arrivée…

Le vent se calme un peu, j’envoie mon grand spi et ça déroule jusque devant les sables d’Olonne. En arrivant dans la baie, je croise les premiers qui reviennent déjà de la bouée holographe : ils ont 60 miles d’avance sur moi !
C’est ce qu’on peut appeler une bonne leçon ! On n’a certainement pas vécu tout à fait la même course.

Photo Bernard Gergaud


Je fais le calcul rapidement : 60 miles, j’ai 12h après le premier pour terminer la course et être classée… Le vent est prévu mollissant, les routages ne sont pas très optimistes, mais moi oui. Si sur un malentendu, la météo a évolué et le vent reste tel quel, ça peut le faire ! Je me lance donc dans ce dernier aller retour.


Malheureusement le vent tombe complètement et le courant renverse, impossible pour moi de terminer la course dans les temps, moins de 12h après le premier… Je dois donc me résoudre à allumer le moteur pour revenir aux Sables d’Olonne et je ne serais donc pas classée ! Je ne suis pas la seule puisque seulement 18 concurrents sur les 29 au départ ont réussi à terminer la course ❌

Je suis super contente de cette expérience. En une seule course, j’ai été confrontée à tellement de situations différentes !! J’ai appris énormément, et je n’ai rien lâché. Je suis un peu déçue de ne pas avoir pu concrétiser tous ces efforts en étant classée, mais c’est le jeu!

24ème sur 29 !

>Cliquez ici pour le classement général<

Maintenant je sais ce que je vaux, je sais ce qu’il faut que je travaille, je sais que ça me plaît et je sais que j’ai envie de faire mieux la prochaine fois !! Je vais pouvoir me fixer des objectifs, travailler et revenir plus forte pour la suite de la saison ✔️

On enchaine tout de suite avec la Sardinha Cup, organisée par le Team Vendée Formation à Saint Gilles Croix de Vie, ce sera en double cette fois ci, et le plateau est bien relevé, avec quelques équipages se préparant pour La Transat !
Ça va envoyer ! Restez connectés !

2 commentaires sur “Solo Maître Coq : pour une première c’était du costaud !

  1. Bravo Charlotte , quelle première aventure ! C’est génial de pouvoir la partager avec toi grâce à ce site super bien fait ! Je sais que tu vas progresser vite , et tres rapidement maîtriser ton bateau en super marin qui ne lâche rien que tu es ! Je croise les doigts pour la Sardinia’s ! Je t’embrasse 😘

  2. Merci pour ce récit, une sacrée aventure que tu as vécue là, et ce n’est que le début 😉 mais je ne doute pas de ta détermination à aller toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fort ! Bisous et bon courage pour ce week-end.

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